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Plus-value sur résidence secondaire : calcul, abattements et cas d'exonération

La vente d'une résidence secondaire est rarement neutre fiscalement.

En France, la plus-value est en principe taxée à 19 % d'impôt sur le revenu et à 17,2 % de prélèvements sociaux, après abattements pour durée de détention, avec une surtaxe possible au-delà de 50 000 € de plus-value imposable. (service-public.fr)

Le calcul ne se limite pas à la différence entre prix d'achat et prix de vente. Il faut aussi intégrer certains frais, des travaux sous conditions, puis appliquer le bon abattement selon la durée de détention, car l'impôt et les prélèvements sociaux n'évoluent pas au même rythme.

Comment se calcule la plus-value sur une résidence secondaire ?

La mécanique générale est résumée dans la fiche Service-Public sur la plus-value immobilière. La plus-value brute correspond à la différence entre le prix de vente et le prix d'acquisition, avant abattements. Le prix de vente peut être diminué de certains frais de cession justifiés, comme des diagnostics obligatoires, et le prix d'acquisition peut être augmenté de plusieurs charges ou dépenses admises par le régime fiscal.

Le prix d'acquisition comprend d'abord le prix effectivement payé, puis, le cas échéant, les charges et indemnités versées au vendeur, les frais d'acquisition réels ou un forfait de 7,5 % du prix d'achat, et les dépenses de travaux réelles ou un forfait de 15 % du prix d'achat si le bien est détenu depuis plus de 5 ans. Si vous avez reçu le bien par donation ou succession, la base de départ correspond à la valeur retenue pour les droits de mutation.

Tableau des abattements de durée de détention

Durée de détention Impôt sur le revenu Prélèvements sociaux Référence
Jusqu'à 5 ans 0 % 0 % Service-Public
De 6 ans à 21 ans 6 % par an 1,65 % par an Service-Public et impots.gouv.fr
22e année révolue 4 % 1,60 % Service-Public
Au-delà de 22 ans Exonération 9 % par an Service-Public et impots.gouv.fr
Au-delà de 30 ans Exonération Exonération Service-Public et impots.gouv.fr

En pratique, l'abattement commence seulement après 5 ans de détention. L'impôt sur le revenu disparaît au bout de 22 ans, puis les prélèvements sociaux s'éteignent au bout de 30 ans. Pour un bien détenu 10 ans, l'abattement atteint par exemple 30 % pour l'impôt sur le revenu et 8,25 % pour les prélèvements sociaux.

Si le bien a été loué en meublé non professionnel, les amortissements déduits peuvent être réintégrés dans le prix d'acquisition pour les ventes réalisées depuis le 15 février 2025. Ce point peut modifier sensiblement le calcul lorsqu'une résidence secondaire a aussi servi à générer des revenus locatifs.

Exemple simple, avec des chiffres arrondis. Un bien acheté 250 000 €, vendu 360 000 €, avec 8 000 € de frais de vente et 18 750 € de frais d'acquisition forfaitaires, dégage une plus-value brute de 83 250 €. Après 13 ans de détention, la base taxable tombe à 43 290 € pour l'impôt sur le revenu et à 72 261 € pour les prélèvements sociaux. L'impôt correspondant ressort à 8 225,10 € et les prélèvements sociaux à 12 428,89 €, hors surtaxe éventuelle.

Quels cas d'exonération existent pour une résidence secondaire ?

Le panorama officiel des exonérations est détaillé dans la page Plus-values exonérées d'impots.gouv.fr. Pour une résidence secondaire, les cas les plus utiles sont la durée de détention, la première cession avec remploi, le seuil de 15 000 €, certains cas de non-résidence et quelques opérations particulières.

  • La première cession d'un logement autre que la résidence principale peut être exonérée si vous réemployez le prix de vente, dans les 24 mois, pour acheter ou construire votre résidence principale, et si vous n'avez pas été propriétaire de votre résidence principale dans les 4 années précédentes. L'exonération n'est accordée qu'une seule fois.
  • Une vente inférieure ou égale à 15 000 € est totalement exonérée, y compris dans certains cas d'indivision où le seuil s'apprécie par quote-part.
  • La vente après 22 ans efface l'impôt sur le revenu, puis la vente après 30 ans efface aussi les prélèvements sociaux.
  • Un non-résident peut parfois bénéficier d'une exonération sur la vente d'un autre logement en France, dans la limite de 150 000 € de plus-value, sous conditions de nationalité, de domiciliation fiscale antérieure et de délai de cession.
  • Des opérations particulières, comme l'expropriation ou certains partages, peuvent aussi ouvrir droit à une exonération.

Le point clé est simple : pour une résidence secondaire, l'exonération ne vient pas automatiquement avec l'usage du bien. Elle dépend soit de la durée de détention, soit d'un cas précis prévu par le texte fiscal.

La taxe supplémentaire sur les grosses plus-values

La taxe sur les plus-values immobilières élevées s'ajoute lorsque la plus-value nette imposable dépasse 50 000 €. Son barème est progressif, de 2 % à 6 % selon les tranches. Elle ne concerne ni les ventes exonérées ni les terrains à bâtir.

En pratique, cette surtaxe peut concerner des résidences secondaires haut de gamme ou des biens détenus depuis longtemps avec une forte création de valeur. Elle se calcule après les abattements pour durée de détention, ce qui peut faire sortir une opération du champ de la surtaxe si la base taxable retombe sous le seuil.

Comment déclarer et payer la plus-value ?

Le notaire calcule la plus-value, établit la déclaration et verse l'impôt lors de la vente. La plus-value imposable, déjà payée à la cession, doit ensuite être reportée sur la déclaration de revenus en case 3VZ, sans nouvelle imposition, parce qu'elle entre dans le revenu fiscal de référence. La notice correspondante est disponible sur la page dédiée d'impots.gouv.fr.

FAQ sur la plus-value d'une résidence secondaire

Comment est calculée la plus-value immobilière lors de la vente d'une résidence secondaire et quels abattements s'appliquent ?

La plus-value correspond à la différence entre le prix de vente et le prix d'acquisition corrigé. On peut déduire certains frais de vente, ajouter les frais d'acquisition réels ou le forfait de 7,5 %, et prendre en compte les travaux réels ou le forfait de 15 % si le bien a plus de 5 ans. Ensuite, l'abattement pour durée de détention s'applique à partir de la 6e année, avec 6 % par an pour l'impôt sur le revenu et 1,65 % pour les prélèvements sociaux jusqu'à 21 ans.

Quelles sont les exonérations possibles pour la plus-value de cession d'une résidence secondaire ?

Les exonérations les plus fréquentes sont la détention depuis plus de 22 ans, qui efface l'impôt sur le revenu, puis plus de 30 ans, qui efface aussi les prélèvements sociaux. Il existe aussi la première cession d'un logement autre que la résidence principale, si le prix est réemployé dans une résidence principale dans les 24 mois et si vous n'avez pas été propriétaire de votre résidence principale dans les 4 années précédentes. La vente inférieure ou égale à 15 000 € reste également exonérée.

Mon prix de vente d'une résidence secondaire peut-il être exonéré si je réemploie le produit dans l'achat de ma résidence principale ?

Oui, mais seulement dans un cadre précis. Il faut vendre un logement autre que la résidence principale, ne pas avoir été propriétaire de sa résidence principale dans les 4 années précédentes, puis réemployer le prix de cession dans les 24 mois pour acheter ou construire une habitation principale. L'avantage est accordé une seule fois et seulement à la fraction du prix effectivement réemployée si le remploi est partiel.

Comment savoir si je bénéficie d'une exonération de plus-value lors de la vente d'une résidence secondaire en 2026 ?

Commencez par trois vérifications simples : la durée de détention, le montant de la vente et l'existence d'un cas spécial, comme le remploi vers une résidence principale ou le statut de non-résident. Si le bien est détenu depuis plus de 22 ans, l'impôt sur le revenu disparaît déjà. Au-delà de 30 ans, il n'y a plus de prélèvements sociaux non plus. Si aucun cas d'exonération ne s'applique, la taxation de droit commun reste due.

Et maintenant ?

Si vous préparez une vente, le bon réflexe consiste à vérifier votre prix de revient, la date d'acquisition, les travaux justificatifs et les cas d'exonération avant la signature. Pour un premier repère, vous pouvez partir de la page d'accueil de BMPA, consulter les mentions légales du site, puis revenir à une vue d'ensemble de votre stratégie patrimoniale avant d'arbitrer. Chaque situation mérite une analyse individuelle, surtout lorsque la vente s'inscrit dans une logique familiale, fiscale ou internationale.

Cet article a une vocation générale et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil personnalisé en investissement, ni une recommandation d'achat ou de vente, ni un conseil juridique ou fiscal. Toute décision patrimoniale suppose une étude préalable de votre situation.

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