Vos anciens contrats retraite méritent un vrai tri.
En 2026, la bonne réponse n'est ni « toujours transférer » ni « toujours conserver ». Elle dépend de votre horizon de retraite, des frais, de la souplesse de sortie et de l'impôt à payer au moment de la liquidation. Le PER individuel succède au Perp et au contrat Madelin, tandis que le PER d'entreprise obligatoire succède à l'article 83. Les anciens contrats restent utilisables, mais ils doivent être comparés à la lumière des règles 2026. (service-public.gouv.fr)
La bonne méthode consiste à regarder d'abord la forme du contrat, puis sa fiscalité, puis ses frais. C'est ce triptyque qui permet d'éviter un transfert inutile ou une liquidation mal calibrée.
Conserver, transférer ou liquider : la méthode de décision
Il n'existe pas de réponse universelle. Un ancien contrat peut encore être pertinent s'il vous rapproche d'une rente intéressante, s'il garde une logique patrimoniale cohérente ou si le coût du changement est trop élevé. À l'inverse, le transfert vers un PER devient pertinent quand vous cherchez plus de souplesse ou quand vous voulez regrouper plusieurs enveloppes de retraite.
- Conservez si vous êtes proche de la retraite et que la sortie prévue vous convient déjà.
- Transférez si vous voulez plus de liberté de sortie, une meilleure lisibilité ou un pilotage plus simple.
- Liquidez si vous avez besoin du revenu ou du capital au moment où le contrat devient utile pour votre budget.
Tableau comparatif des trois options
| Contrat | Ce que vous pouvez faire en 2026 | Quand le conserver ou le transférer | Points de vigilance |
|---|---|---|---|
| PERP | Le conserver, l'alimenter ou le transférer vers un PER individuel. | Intéressant si vous êtes proche de la retraite ou si vous voulez garder un contrat déjà en place. | La sortie est en principe une rente viagère. Le contrat peut prévoir 20 % de capital, un capital total pour une petite rente de moins de 110 € par mois, et un versement en capital pour l'achat de la première résidence principale sous conditions. (service-public.gouv.fr) |
| Madelin | Le contrat existant peut être transféré vers un PER individuel. | Intéressant si vous voulez moderniser l'enveloppe sans perdre de vue vos besoins de retraite. | Le contrat n'est plus proposé depuis le 1er octobre 2020. |
| Article 83 | Les droits sont transférables vers un PER lorsque le salarié n'est plus tenu d'y adhérer. | Pertinent en cas de changement de statut, de départ de l'entreprise ou de simplification du patrimoine. | Le transfert suppose de vérifier la nature exacte des droits et les conditions du plan receveur. (legifrance.gouv.fr) |
Le PER individuel reçoit d'abord vos versements volontaires. Ses compartiments n°2 et n°3 ne servent qu'en cas de transfert d'épargne déjà constituée sur un autre dispositif.
Concrètement, la demande de transfert se fait auprès du gestionnaire, en ligne lorsqu'il le propose, sinon par courrier. Pour un ancien produit détenu depuis moins de 10 ans, des frais peuvent aller jusqu'à 5 % de l'épargne accumulée, et le transfert doit aboutir dans un délai maximal de 4 mois. L'ancien avantage fiscal lié au transfert d'un contrat d'assurance de plus de 8 ans vers un PER a pris fin le 31 décembre 2022, donc il ne faut pas raisonner avec cette ancienne règle.
Si vous avez un article 83, un point doit être vérifié avant toute démarche : les droits individuels ne sont transférables que lorsque vous n'êtes plus tenu d'y adhérer.
Dans une lecture patrimoniale plus large, ce sujet ne se traite jamais isolément.
Repères fiscaux 2026 à garder en tête
Les anciens produits ne sont pas touchés par la réforme PER 2026 et conservent leur régime propre. En revanche, plusieurs repères chiffrés comptent pour arbitrer correctement entre maintien, transfert et liquidation. (service-public.gouv.fr)
Tableau des principaux repères fiscaux et sociaux en 2026
| Repère | Valeur 2026 | Pourquoi c'est utile |
|---|---|---|
| PFU sur les gains de placement | 31,4 % à compter du 1er janvier 2026, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. | C'est le taux qui s'applique aux intérêts et gains de capital sur certaines sorties de PER. |
| Abattement sur les pensions et retraites | 10 % plafonné à 4 439 € pour les revenus 2025. (impots.gouv.fr) | Il sert pour les rentes et pensions déclarées en 2026. |
| Plafond de déduction PER | 10 % des revenus professionnels de 2025, maximum 37 680 €, minimum 4 710 €. Les plafonds non utilisés peuvent être reportés sur 5 ans à partir des versements effectués en 2026. La mutualisation entre conjoints reste possible. | Il conditionne l'intérêt fiscal d'un nouveau versement ou d'un transfert vers le PER. |
| PASS 2026 | 48 060 €. (urssaf.fr) | Il sert de base à de nombreux plafonds et repères sociaux. |
| Déduction des versements volontaires après 70 ans | Elle n'est plus possible sur un PER pour les versements effectués à compter du 1er janvier 2026. | Ce point compte si vous envisagez encore d'alimenter un PER après 70 ans. |
En pratique, un transfert ou un maintien ne se décide jamais sur une seule ligne du tableau. Il faut regarder le taux marginal d'imposition, l'âge de liquidation, la part de rente déjà certaine, la qualité du contrat et les frais que vous acceptez de payer.
Sortie en rente ou en capital : comment arbitrer ?
La rente donne de la visibilité, le capital donne de la latitude. Sur un PERP, la sortie est en principe une rente viagère, mais le contrat peut prévoir 20 % de capital. Une petite rente de moins de 110 € par mois peut être convertie en capital, et l'achat de la première résidence principale peut ouvrir un versement en capital sous conditions.
Si vous détenez ou transférez des droits dans un PER, la fiscalité de sortie dépend de l'origine des versements. Quand les versements volontaires ont été déduits, la part de capital correspondante est imposée au barème progressif sans abattement de 10 %, et seuls les gains supportent le PFU. Quand les versements n'ont pas été déduits, le capital correspondant aux versements est exonéré et seuls les gains supportent le PFU.
Pour les prestations en capital issues d'une retraite, le régime de base reste aussi utile à connaître : le capital peut être imposé au barème ou, si les conditions sont réunies, au taux forfaitaire de 7,5 % après abattement de 10 %. Les rentes d'un ancien PERP, d'un Madelin ou d'un article 83 sont déclarées comme des pensions de retraite.
Autrement dit, capital et rente ne s'opposent pas par principe. La vraie question est de savoir si votre besoin de liquidité immédiate vaut la fiscalité et la perte de simplicité qu'un capital peut entraîner, ou si une rente sécurise mieux votre revenu futur.
Questions fréquentes
Que devient mon ancien contrat PERP Madelin ou Article 83 avec la mise en place du PER en 2026 ?
Il ne disparaît pas automatiquement. Le PER individuel a succédé au Perp et au contrat Madelin, et le PER d'entreprise obligatoire a pris la suite de l'article 83. Les anciens contrats peuvent donc rester ouverts, être encore alimentés lorsqu'ils le permettent, ou être transférés vers un PER. Les règles 2026 du PER ne changent pas, à elles seules, le régime propre de ces contrats anciens.
Les anciens contrats retraite peuvent-ils être transférés vers un PER individuel en 2026 ?
Oui. Le Perp, le Madelin, le Perco, le Corem, le CRH et l'article 83 peuvent être transférés vers un PER individuel. Si le produit a été détenu moins de 10 ans, des frais peuvent aller jusqu'à 5 % de l'épargne accumulée, et le transfert doit aboutir dans un délai maximal de 4 mois. L'ancien avantage fiscal lié au transfert d'un contrat d'assurance de plus de 8 ans vers un PER a cessé fin 2022.
Comment transférer l'épargne d'un contrat Madelin ou d'un Article 83 vers un PER collectif ou PER individuel ?
Le plus simple est souvent de passer par le PER individuel. Pour un article 83, le point clé est que vous n'êtes plus tenu d'y adhérer pour pouvoir transférer les droits individuels. Le PER individuel peut ensuite recevoir ces sommes dans ses compartiments prévus à cet effet. Un PER collectif ou obligatoire peut aussi être pertinent, mais il faut vérifier la nature des droits transférés et les règles du plan receveur.
Quelles options de sortie choisir entre capital et rente pour les anciens contrats retraite encore ouverts en 2026 ?
Si vous voulez de la visibilité, la rente reste la solution la plus prudente. Sur un Perp, la sortie est en principe une rente viagère, mais le contrat peut prévoir 20 % de capital. Une petite rente de moins de 110 € par mois peut être convertie en capital, et l'achat de la première résidence principale peut ouvrir un capital sous conditions. Le capital ou la rente n'ont pas le même traitement fiscal.
Faut-il encore conserver un Madelin ou un PERP après l'entrée en vigueur du PER en 2020 et les règles 2026 ?
Oui, parfois. Si votre contrat est proche de la retraite, si les frais de transfert sont élevés ou si vous souhaitez préserver une rente déjà lisible, conserver peut rester rationnel. En revanche, si vous voulez plus de souplesse ou une meilleure centralisation, le transfert peut avoir du sens. Les anciens produits n'ont pas été automatiquement remplacés par le PER et conservent leur régime propre. Chaque cas mérite un chiffrage individuel.
Et maintenant ?
Si vous hésitez encore entre conserver, transférer ou liquider vos anciens contrats retraite, un chiffrage complet est la bonne première étape, car la décision dépend de votre situation globale et non d'un produit isolé. Pour un échange confidentiel, vous pouvez passer par BMPA, revoir la présentation du cabinet sur sa page d'accueil, et vérifier les informations éditoriales sur les mentions légales.
Cet article a une vocation générale et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil personnalisé en investissement, ni une recommandation d'achat ou de vente, ni un conseil juridique ou fiscal. Toute décision patrimoniale suppose une étude préalable de votre situation.