L’indemnité de départ à la retraite se calcule vite, mais se chiffre rarement seule.
Le bon montant dépend de votre ancienneté, du salaire de référence, de la convention collective et de la nature du départ. En 2026, un départ volontaire reste en principe imposable et soumis aux cotisations, tandis que certains cas spécifiques ouvrent droit à une exonération totale ou partielle. (legifrance.gouv.fr)
Avant de figer une date de sortie, un bilan retraite permet de vérifier vos droits, vos trimestres et l’effet du départ sur vos revenus futurs.
De quoi parle-t-on exactement ?
L’indemnité de départ à la retraite est versée lorsque le salarié quitte volontairement l’entreprise pour liquider sa pension de vieillesse. Le droit est ouvert à partir de 10 ans d’ancienneté, l’indemnité n’est accordée qu’une seule fois et le préavis suit la même durée que dans un licenciement. Si l’employeur prend l’initiative, on bascule sur l’indemnité de mise à la retraite, avec un régime différent.
Comment se calcule l’indemnité de départ à la retraite ?
Les conditions qui déclenchent le droit
Le calcul légal repose sur quatre repères simples : départ volontaire, au moins 10 ans d’ancienneté, demande de liquidation de la pension de base et versement unique. Ces conditions fixent le plancher légal, mais une convention collective ou un accord d’entreprise peut prévoir davantage.
- Vous devez quitter l’entreprise de votre propre initiative pour prendre votre retraite.
- Vous devez justifier d’au moins 10 ans d’ancienneté dans l’entreprise.
- Vous devez demander votre pension de retraite de base auprès de la caisse compétente.
- L’indemnité n’est versée qu’une seule fois, au moment du départ effectif.
Le salaire de référence à retenir
Le salaire de référence est le plus favorable entre le douzième des 12 derniers mois et le tiers des 3 derniers mois. Si une prime annuelle ou exceptionnelle est versée dans les 3 derniers mois, elle est recalculée au prorata sur 3 mois. Si vous avez travaillé à temps plein puis à temps partiel dans la même entreprise, l’indemnité est proratisée selon la durée passée sous chaque régime. (legifrance.gouv.fr)
Barème légal minimum en 2026
Le minimum légal ne peut pas descendre sous le barème ci-dessous. Une convention collective peut évidemment être plus favorable.
| Ancienneté | Minimum légal | Salaire de référence | À retenir |
|---|---|---|---|
| 10 ans à moins de 15 ans | 1/2 mois de salaire | Le plus favorable entre 12 mois et 3 mois | Le premier seuil d’ouverture du droit. |
| 15 ans à moins de 20 ans | 1 mois de salaire | Le plus favorable entre 12 mois et 3 mois | Le barème progresse avec l’ancienneté. |
| 20 ans à moins de 30 ans | 1 mois et demi de salaire | Le plus favorable entre 12 mois et 3 mois | Le montant grimpe nettement au milieu de carrière. |
| Au moins 30 ans | 2 mois de salaire | Le plus favorable entre 12 mois et 3 mois | Le maximum légal pour un départ volontaire. |
Le Code du travail fixe ce plancher, et la fiche pratique de référence reprend le même barème pour le départ volontaire.
Exemple simple : avec 22 ans d’ancienneté et un salaire de référence de 3 200 €, le minimum légal ressort à 4 800 €, soit 1,5 mois de salaire. Avec 31 ans d’ancienneté et un salaire de 4 000 €, le minimum est de 8 000 €, soit 2 mois de salaire. Ce sont des planchers, pas des plafonds.
Fiscalité en 2026 : impôt sur le revenu, quotient et cotisations
Le cas standard : un départ volontaire
En départ volontaire classique, l’indemnité est soumise aux cotisations de Sécurité sociale, à la CSG et à la CRDS, puis elle est imposable à l’impôt sur le revenu. Les indemnités de congés payés, de préavis et de non-concurrence restent, elles aussi, imposables. (impots.gouv.fr)
Le système du quotient permet de « lisser » l’imposition de l’indemnité.
Concrètement, la fraction imposable se déclare dans la case 0XX et ne doit pas être ajoutée aux salaires préremplis en 1AJ ou 1BJ. Le quotient reste le seul mécanisme applicable depuis les indemnités versées à compter du 1er janvier 2020, ce qui en fait un outil utile pour limiter la progressivité de l’impôt et l’impact sur le revenu fiscal de référence.
Pour suivre l’effet net sur votre foyer, la lecture des prélèvements sociaux 2026 est utile, car le montant encaissé peut être très différent du montant brut affiché sur le solde de tout compte.
Quand existe-t-il une exonération ?
Les exonérations ne concernent pas le départ volontaire ordinaire. Elles apparaissent surtout dans un plan de sauvegarde de l’emploi, dans une préretraite amiante ou dans certains dispositifs FNE. Dans ces hypothèses, le traitement fiscal et social devient beaucoup plus favorable. (service-public.fr)
Tableau de lecture fiscale et sociale en 2026
Le point clé est simple : plus le départ est “subi” ou rattaché à un dispositif collectif, plus l’exonération peut être large. À l’inverse, un départ volontaire classique est imposé en totalité.
| Situation | Impôt sur le revenu | Cotisations sociales | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|---|---|
| Départ volontaire classique | Imposable en totalité | Soumise à Sécurité sociale, CSG et CRDS | Aucune exonération de droit commun. |
| Départ volontaire dans un PSE | Exonérée en totalité | Exonérée en totalité | Cas le plus favorable. |
| Préretraite amiante ou FNE | Exonérée en totalité | Exonérée en totalité | Dispositifs spécifiques. |
| Mise à la retraite par l’employeur | Exonération partielle, plafonnée en 2026 | Exonération partielle, seuils 2026 | Régime distinct du départ volontaire. |
Pour la mise à la retraite par l’employeur, la part correspondant à l’indemnité légale ou conventionnelle est exonérée, puis le surplus suit des plafonds. En 2026, la limite haute d’exonération d’impôt sur le revenu est de 240 300 €, et le plafond de cotisations sociales de référence atteint 480 600 €, avec une exonération de CSG-CRDS sur la part inférieure à 96 120 €.
Côté employeur, la fraction de l’indemnité de mise à la retraite exclue des cotisations sociales supporte une contribution patronale spécifique de 40 % depuis janvier 2026. (urssaf.fr)
Pourquoi ce sujet dépasse le simple bulletin de paie
Pour un dirigeant, un cadre supérieur ou une profession libérale, l’indemnité de départ à la retraite n’est qu’un flux parmi d’autres. Elle doit être lue avec la rémunération de fin de carrière, les revenus du foyer, la trésorerie professionnelle et le calendrier de sortie. Dans cette logique, la méthode BMPA pour préparer sa retraite quand on est dirigeant aide à remettre chaque décision dans une trajectoire cohérente.
Si l’enjeu concerne aussi la société, la page indemnités de fin de carrière (IFC) : provisionner ou externaliser ? permet d’anticiper la charge future au lieu de la subir au moment du départ. Et lorsque l’arbitrage fiscal devient central, l’approche décrite dans la page optimisation fiscale reste utile pour garder une vision d’ensemble.
FAQ : vos questions sur l’indemnité de départ à la retraite
Comment est calculée l’indemnité de départ à la retraite et quels éléments la font varier en 2026 ?
Le calcul repose sur l’ancienneté, le salaire de référence et le texte applicable dans l’entreprise. Le minimum légal pour un départ volontaire commence à 1/2 mois de salaire après 10 ans, puis monte à 1 mois, 1,5 mois et 2 mois selon l’ancienneté. Le salaire retenu est le plus favorable entre les 12 derniers mois et les 3 derniers mois, avec prorata des primes annuelles si elles entrent dans la période des 3 mois.
Quelle est la fiscalité applicable à l’indemnité de départ en retraite en 2026 ?
En départ volontaire classique, la somme est imposable en totalité et déclarée comme un revenu de salaires. Le système du quotient peut en atténuer l’impact, car il lisse l’imposition sur l’année de perception. La fraction imposable doit être portée en case 0XX, sans être ajoutée aux cases 1AJ ou 1BJ. Depuis le 1er janvier 2020, l’ancienne option d’étalement n’est plus applicable à cette indemnité.
Existe-t-il des exonérations ou plafonds d’exonération spécifiques à l’indemnité de départ à la retraite en 2026 ?
Oui, mais ils concernent surtout des cas particuliers. Un départ volontaire dans le cadre d’un PSE est exonéré en totalité. Une préretraite amiante ou un dispositif FNE peuvent aussi ouvrir droit à une exonération totale. Pour une mise à la retraite par l’employeur, l’exonération est partielle, avec en 2026 un plafond d’impôt sur le revenu porté à 240 300 € et un seuil de référence de 480 600 € pour les cotisations sociales.
Comment déclarer l’indemnité de départ en retraite dans la déclaration de revenus 2026 ?
La déclaration se fait l’année suivant la perception. La fraction imposable doit être déclarée dans la case 0XX, et non dans les salaires préremplis. Si vous optez pour le quotient, le mécanisme sert à éviter qu’un revenu exceptionnel ne vous fasse basculer brutalement dans une tranche plus élevée. L’effet sur le revenu fiscal de référence peut aussi être utile à anticiper, notamment si vous percevez d’autres revenus soumis à des seuils.
L’indemnité de départ à la retraite est-elle soumise aux cotisations et contributions sociales ?
En départ volontaire classique, oui : Sécurité sociale, CSG et CRDS s’appliquent. En cas de PSE, l’exonération est totale. Pour une mise à la retraite par l’employeur, le régime est plus nuancé et dépend du niveau de l’indemnité. Côté employeur, la part exonérée de cotisations supporte en outre une contribution patronale spécifique de 40 % depuis janvier 2026.
Et maintenant ?
Si votre départ se prépare déjà, rapprochez le calendrier, la fiscalité et les revenus de remplacement avant de signer quoi que ce soit. Vous pouvez commencer par la page d’accueil de BMPA puis poursuivre avec préparer sa retraite quand on est dirigeant pour structurer la suite avec une vision patrimoniale cohérente.