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Diversifier en devises : opportunités et précautions pour votre patrimoine (guide BMPA)

Diversifier en devises, c’est ajouter une brique de diversification… qui peut aussi augmenter le risque.

Pour un investisseur en zone euro, détenir des actifs libellés en dollar américain, franc suisse, livre sterling ou yen peut améliorer la robustesse d’un portefeuille (exposition à d’autres économies, d’autres cycles de taux et d’inflation, autres zones géopolitiques). Mais la monnaie n’est pas une « classe d’actifs » au sens traditionnel : elle peut amplifier la volatilité, brouiller la lecture de la performance et créer des contraintes fiscales et déclaratives.

Chez BMPA – Stack Capital, la diversification en devises s’analyse comme un paramètre de construction d’allocation (et non comme un pari), en cohérence avec vos objectifs, vos flux futurs (dépenses, revenus) et votre fiscalité.

Pourquoi diversifier en devises ?

Accéder à davantage d’opportunités d’investissement (au-delà de la zone euro)

De nombreux marchés (actions, obligations, crédit, thématiques sectorielles) sont majoritairement libellés en devises étrangères, notamment en USD. Ce n’est pas un détail : le dollar reste la principale monnaie « véhicule » des marchés de change, et la majorité des échanges FX passent par lui. Par exemple, la BRI (BIS) indique que le turnover quotidien sur le marché des changes a atteint 7 500 milliards de dollars par jour en avril 2022, et que le dollar est d’un côté d’environ 90% des transactions. (bis.org)

Réduire une dépendance implicite à l’euro (sans chercher à « timer » les monnaies)

Un patrimoine très concentré en actifs européens (immobilier, private equity domestique, obligations en EUR, cash en EUR) porte un risque de zone. Une exposition raisonnable à d’autres devises peut contribuer à réduire cette dépendance, à condition que l’allocation globale (risque actions, risque crédit, duration, liquidité) reste maîtrisée.

Aligner devise des actifs et devise des dépenses (cas fréquents chez les expatriés et dirigeants)

La diversification en devises devient particulièrement pertinente quand une partie des dépenses futures est attendue en monnaie étrangère (frais d’études, acquisition à l’étranger, revenus locatifs, installation hors de France, etc.). Dans ce cas, l’objectif n’est pas d’optimiser le « meilleur » change, mais de réduire le risque d’un futur besoin en devise.

Les risques à connaître avant d’ajouter des devises

Le risque de change : un effet « double moteur »

  1. la performance de l’actif et (
  2. la variation de la devise. L’AMF rappelle que, pour des ETF cotés en devise étrangère, la variation de la devise s’ajoute à celle de l’indice . ( amf-france.org )

Exemple pédagogique (simplifié) : un portefeuille d’actions américaines peut progresser en USD mais reculer en EUR si l’euro s’apprécie fortement. À l’inverse, la devise peut « doper » une performance locale moyenne.

La volatilité peut être très rapide (et psychologiquement difficile)

Les mouvements de change peuvent être marqués sur des périodes courtes. À titre d’illustration, au 28 septembre 2022, la Banque de France publiait une parité autour de 1 EUR = 0,9565 USD (euro proche de la parité), ce qui a fortement impacté les performances « vues depuis l’euro » des expositions dollar. (banque-france.fr)

Le risque de « mauvais instrument » (produit, liquidité, complexité)

La dimension devise se cache parfois dans des supports mal compris : obligations en devise (sensibilité aux taux + change), fonds monétaires en USD, produits structurés indexés sur sous-jacent étranger, etc. Une diversification en devises mal construite peut créer une exposition non désirée (durée trop longue, crédit trop risqué, structure de frais opaque).

Point clé : diversifier en devises ne signifie pas « acheter une monnaie ». C’est, le plus souvent, choisir des actifs (actions, obligations, fonds, solutions assurantielles) dont la devise n’est pas l’euro, puis décider si l’on couvre ou non l’exposition au change.

Quelles devises privilégier ? D’abord des usages, ensuite des convictions

Devises « de référence » : USD et EUR restent centrales

Les banques centrales détiennent encore une part majoritaire de leurs réserves en dollar et une part significative en euro. Le FMI (COFER) indiquait par exemple qu’en T1 2025, la part du dollar dans les réserves allouées était d’environ 57,74% et celle de l’euro d’environ 20,06%. (data.imf.org)

Côté « rôle international », la BCE a souligné que la part de l’euro dans les réserves officielles mondiales est restée stable à 20% en 2024. (banque-france.fr)

Diversification graduelle : un mouvement de fond, mais pas une bascule

Sans conclure à une « fin du dollar », certaines sources publiques décrivent une diversification progressive des réserves : la Banque de France mentionne qu’entre T2 2020 et T2 2025, la part du dollar dans les réserves officielles allouées a reculé d’environ 5 points. (banque-france.fr)

Les devises « refuge » et « satellites » : utiles, mais à cadrer

Franc suisse, livre sterling, yen, dollars de matières premières (CAD, AUD) : ces devises peuvent jouer un rôle de diversification, mais leur intérêt dépend surtout de l’actif sous-jacent et du besoin réel (flux, horizon, tolérance à la volatilité). Une approche prudente consiste à raisonner en budgets de risque plutôt qu’en convictions macro.

Mettre en œuvre une diversification en devises : solutions et points de vigilance

Tableau de synthèse : options courantes pour s’exposer (ou non) aux devises

Solution Ce que cela apporte Vigilances principales Pour quels profils (souvent)
ETF / fonds actions non couverts Exposition économique + exposition devise Volatilité accrue ; performance en EUR moins lisible Horizon long, acceptation de volatilité
ETF / fonds « hedgés » (couverts) Exposition économique, change partiellement neutralisé Coût/effet de portage ; suivi imparfait ; risque contrepartie via dérivés Objectif de réduire la variabilité liée au FX
Obligations en devise (directes ou via fonds) Accès à des courbes de taux et émetteurs hors zone euro Double risque : taux + change ; liquidité ; crédit Patrimoine structuré, pilotage du risque fin
Cash / monétaire en devise Réserve de liquidité dans une monnaie donnée Risque FX ; fiscalité ; qualité de l’instrument Dépenses futures en devise, expatriation
Assurance-vie luxembourgeoise multi-devises Cadre de détention adapté à des patrimoines internationaux Choix des supports ; gouvernance ; frais ; adéquation fiscale Investisseurs internationaux / familles patrimoniales
Produits structurés en devise ou sur sous-jacent étranger Scénarios de rendement conditionnels, calibration du risque Complexité ; risque de marché ; conditions de remboursement ; change si non couvert Profils avertis, allocation diversifiée

Dans l’univers BMPA, deux briques reviennent souvent (selon éligibilité et cohérence globale) :

  • Assurance-vie luxembourgeoise : utile dans certaines configurations internationales et patrimoniales, notamment quand la dimension multi-devises et la structuration prennent de l’importance. Voir la page assurance-vie luxembourgeoise.
  • Produits structurés sur mesure : ils peuvent intégrer des sous-jacents internationaux et, selon les cas, une réflexion spécifique sur la devise. Voir produits structurés sur mesure.

Couvrir ou ne pas couvrir le risque de change ? Une décision technique (et très contextuelle)

Couverture (hedge) : ce que c’est réellement

La couverture de change consiste généralement à utiliser des dérivés (souvent des forwards) pour réduire l’impact des fluctuations de devises sur une poche d’investissement. Au niveau réglementaire, l’ESMA rappelle notamment que les FX forwards sont des instruments OTC, utilisés pour couvrir le change, et que cela implique des règles de limites de risque de contrepartie (cadre UCITS) lorsqu’ils sont utilisés pour des parts couvertes. (esma.europa.eu)

Quand la couverture est souvent pertinente

  • Poches obligataires : la volatilité du change peut dominer le rendement attendu ; couvrir peut rendre le profil risque/rendement plus cohérent.
  • Horizon court ou besoin de liquidité : le FX peut « tomber au mauvais moment ».
  • Objectif en euro clairement défini (train de vie en EUR, objectif de capital en EUR).

Quand laisser le change « vivre » peut se défendre

  • Horizon long actions : l’investisseur accepte une volatilité plus élevée et recherche une diversification macro.
  • Couverture coûteuse : selon les différentiels de taux et la structure des produits, une couverture peut réduire l’espérance de rendement (ou, parfois, l’améliorer) ; il faut le mesurer, pas l’assumer.
  • Flux futurs en devise : si une partie des dépenses est en USD, couvrir peut être contre-productif.

Fiscalité et obligations déclaratives (résidents fiscaux français) : points de vigilance

PFU (« flat tax ») : attention aux évolutions récentes

En France, la fiscalité des revenus du capital et plus-values mobilières est souvent abordée via le PFU. Depuis le 1er janvier 2026, le taux du PFU est indiqué à 31,4% (12,8% d’impôt sur le revenu + 18,6% de prélèvements sociaux), selon une publication officielle de la DILA (Service Public). (entreprendre.service-public.gouv.fr)

Selon les situations, l’option pour le barème progressif peut être pertinente, et les impacts doivent être appréciés globalement (tous revenus concernés, abattements, déductibilité partielle, etc.).

Comptes et contrats à l’étranger : obligation de déclaration

Détenir un compte à l’étranger (ou certains contrats/placements hors de France) peut entraîner une obligation déclarative. L’administration fiscale met à disposition le formulaire n°3916 (et 3916-bis) pour déclarer les comptes détenus à l’étranger et certains contrats/placements souscrits hors de France, en même temps que la déclaration de revenus. (impots.gouv.fr)

Dans une stratégie de diversification en devises, cette dimension « opérationnelle » compte : le choix du lieu de détention et du type d’enveloppe peut peser autant que le choix de la devise.

Pour articuler ces sujets dans une stratégie globale, BMPA intègre la dimension fiscale au côté de l’allocation. Voir optimisation fiscale et stratégie patrimoniale.

L’approche BMPA : traiter la devise comme un paramètre d’allocation, pas comme un produit

BMPA – Stack Capital est un cabinet indépendant de conseil en gestion de patrimoine et d’allocation d’actifs. La dimension devise s’insère généralement dans une démarche structurée : analyse (personnelle, professionnelle, fiscale), construction d’une allocation diversifiée, sélection de solutions adaptées, puis suivi et ajustements.

Concrètement, la question « devises » se traite souvent via des arbitrages très pragmatiques : quelle part du patrimoine est déjà exposée indirectement au dollar (actions internationales), quel est l’horizon, quels sont les besoins en liquidité, quelle enveloppe (assurance-vie, CTO, contrat international) est la plus adaptée, et quel niveau de couverture est cohérent.

Erreurs fréquentes à éviter

  • Confondre devise et diversification : acheter du dollar ne compense pas une allocation trop concentrée (ex. 100% actions tech US).
  • Ajouter du change sans le vouloir : obligations en USD non couvertes « par défaut » dans une poche prudente.
  • Sur-couvrir ou mal couvrir : une couverture peut réduire un risque, mais elle peut aussi modifier la performance attendue et introduire des effets techniques.
  • Oublier la mécanique de reporting : performance perçue en EUR, fiscalité, obligations déclaratives, et lisibilité patrimoniale.
  • Choisir un produit avant la stratégie : la bonne question est l’objectif (et les contraintes), ensuite seulement l’instrument.

FAQ – Diversification en devises et accompagnement BMPA

BMPA peut-il m’aider à définir une part « raisonnable » d’exposition aux devises ?

Oui, dans le cadre d’une réflexion d’allocation globale. La « bonne » part n’est pas un pourcentage standard : elle dépend de votre patrimoine existant (dont l’exposition devise implicite via les actions internationales), de vos projets (dépenses futures en EUR ou en devise), de votre horizon et de votre tolérance à la volatilité. L’objectif est de calibrer un niveau de risque cohérent et compréhensible, puis de choisir des supports adaptés (et éventuellement une politique de couverture).

Est-ce utile de diversifier en devises si mes placements sont déjà mondiaux ?

Souvent, une partie de l’exposition devise existe déjà indirectement : beaucoup d’indices mondiaux ont une forte composante USD. La vraie question devient alors : cette exposition est-elle voulue, subie, ou disproportionnée par rapport à vos objectifs ? Une diversification « en devises » peut consister à mieux répartir les expositions (devises, zones, secteurs) ou à mettre en place une couverture partielle sur certaines poches, plutôt que d’ajouter mécaniquement de nouvelles monnaies.

Produits structurés en devise : quels sont les pièges classiques ?

Les pièges les plus fréquents sont la complexité (scénarios de remboursement, barrières, conditions), l’oubli du change (si le remboursement ou le sous-jacent est en devise étrangère), et l’inadéquation avec l’horizon réel (besoin de liquidité avant l’échéance). Un produit structuré peut être pertinent s’il répond à un objectif précis (rendement conditionnel, amortissement du risque, diversification) et si ses risques sont explicités et acceptés dans la construction du portefeuille.

Expatriés : faut-il systématiquement détenir une partie du patrimoine en USD ?

Pas systématiquement. La logique la plus robuste est l’alignement entre la devise des dépenses futures et la devise des actifs. Si les revenus et dépenses sont majoritairement en USD, conserver une poche USD peut réduire le risque de change sur le budget de vie. Mais il faut également considérer la fiscalité, les enveloppes disponibles, la liquidité, et la diversification des actifs sous-jacents. Dans certains cas, une couverture partielle ou une allocation multi-devises plus équilibrée est préférable à une exposition « tout dollar ».

Et maintenant ?

Si la diversification en devises fait partie de vos enjeux (patrimoine international, exposition USD implicite, projets à l’étranger, recherche de robustesse), l’étape suivante consiste à l’intégrer dans une allocation cohérente, avec des choix d’enveloppes, de supports et de couverture adaptés. Pour échanger sur votre situation et évaluer les options pertinentes, vous pouvez contacter BMPA.